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Au 19ème siècle, jusqu’en 1870 environ, Le Martinet n’est qu’un petit bourg de moins de 500 habitants faisant partie de la commune de St Florent sur Auzonnet. Il est composé d’une agglomération centrale et de deux hameaux ; Cruzoul et Trélys. Son développement est directement lié à l’exploitation minière. En 1877 est foré le puits de l’Arbousset, en 1880 est crée la ligne de chemin de fer, en 1885 le puits Pisani entre en exploitation. Le Martinet acquiert une importance qui ira croissante, le développement atteint une proportion telle, qu’après référendum, il est érigé en commune indépendante le 18 juillet 1921. Le congrès de Tours de 1920 avait vu la scission du parti socialiste et la naissance du parti communiste. En 1921, la liste conduite par Isidore Michel arrive largement en tête, et la première municipalité communiste de France est élue. Isidore Michel restera maire 43 ans, jusqu’en 1964. A ce jour, la couleur n’a toujours pas changé, certains parlent de « réserve rouge ».
Jusqu’à la guerre de 39/45, Le Martinet s’agrandit, s’urbanise, se modernise, afin d’améliorer le confort d’une population minière grandissante. Pendant le conflit, le parti communiste et le conseil municipal sont dissout, et la commune est administrée par une délégation spéciale, puis par un conseil municipal nommé par Vichy. De nombreux Martinéziens prennent les chemins du maquis.
Dès les élections d’avril 1945, Isidore Michel retrouve son fauteuil de maire. De gros efforts sont demandés aux mineurs pour relever le pays de ses ruines, et ceux du Martinet ont pris toute leur place dans cette bataille. Mais déjà , un processus de récession s’amorce avec l’importation de charbons étrangers et la place faite au pétrole. Les puits ferment les uns après les autres : Pisani en 1958, St Florent en 1975… Cette période est jalonnée de grèves extrêmement dures, à diverses reprises, les CRS occupent le bassin minier, les chars patrouillent dans les rues, les rassemblements sont interdits. 1948, 1952, 1963, 1968, 1974 sont autant de dates noires qui marquent la lutte des mineurs jusqu’au dynamitage du puits de St Florent, le 26 mai 1975 à 12h30.
Après la fermeture des mines qui avait laissé d’énormes cicatrices, il fallait se préoccuper de la remise en valeur du patrimoine de la commune afin d’enrayer l’exode de la population. Ce fut notamment l’œuvre de Charles Diet, maire de 1983 à 2001, avec, entre autres, la réalisation d’un plateau sportif, d’un foyer logement, d’une piscine, d’un camping, de gîtes ruraux, d’une station d’épuration, de lotissement… Comme le montre le dernier recensement, les fruits de cette politique se font sentir avec, notamment, une courbe démocratique redevenue ascendante.
Et voici maintenant qu’en 2011, la commune s’apprête à fêter ses 90 ans avec l’espoir que les mesures antisociales du gouvernement ne remettent pas en cause ce processus, avec, par exemple, la programmation de la fermeture du collège.
M. Deleuze André |